Interstellar : la claque cosmique

Nolan, avec Fincher, est un de mes réalisateurs préférés. Intelligent, brillant, il nous donne des films qui nous font bouillonner, réfléchir, nous ébahir. Interstellar est dans la pure veine nolanienne et nous sert sur un plateau d’argent un des plus beaux films de 2014. Une claque cosmique de presque 3h qui mélange science, espace, relations humaines, fiction, et aborde des théories (méta)physiques. Décollage pour l’infini et l’au-delà…

Apocalypse intellectuelle

Cooper est un père de famille qui vit avec ses deux gamins et son beau-père. La Terre est devenue hostile : des tempêtes de poussières, des champs dévastés, la pénurie est présente partout. Les gens déménagent mais le constat reste le même : notre chère Gaia se rebelle et nous ne sommes plus les bienvenus. Cooper est un ancien ingénieur reconverti dans l’agriculture par nécessité : il a une petite fille rousse, Murphy et un garçon brun, Tom. Murphy croit qu’un fantôme est dans sa chambre, bougeant les livres. Lors d’une tempête, un code s’inscrit sur le sol de la chambre, en poussière. Allant jusqu’au bout de son instinct, Cooper suit la piste de ce message mystérieux et tombe sur une installation secrète de la NASA. Et se fait embarquer pour la plus grande aventure de sa vie… Une épopée interstellaire pour sauver l’humanité.

L’équipage est constituée de 4 personnes dont Cooper. Ils sont chargés d’aller sur les 3 planètes sur lesquels sont des astronautes, partis il y a très longtemps chercher une planète plus vivable que la nôtre. 3 planètes, 3 chances de survie.

J'ai adoré le film Interstellar

Matthew, Anne, Michael et les autres…

Le casting d’Interstellar est impeccable, sans aucune fausse note. On retrouve unMcConaughey semblable à celui de Mud ou de True Detective. Anne Hattaway, intelligente et sensible, m’a fait penser à la survivor Bullock dans Gravity. Matt Damon est incroyable de justesse, Michael Caine ne change pas d’un iota (et c’est tant mieux) tandis que Casey Affleck a toujours une tête à claques.

Plus que l’histoire en elle-même, que toutes les contrées intergalactiques, que les infinis mystères du cosmos, ce sont les relations humaines qui sont mises en avant. La relation père-fille tout d’abord avec des moments très touchants entre Cooper et Murphy. L’amour-haine que l’on a pour ses parents, l’absence, l’amitié sont des thèmes abordés dans ce superbe film. Le fait est que Nolan nous bouscule : très distinctement, l’amour est une énergie, une force aussi puissance que la gravité, et peut conduire à réaliser des choses inouïes. La distance ou la mort importe peu lorsque l’on aime vraiment : c’est, selon moi, un des nombreux messages du film.

Science & fiction

J’allais écrire « revenons sur Terre » mais c’est un contre-sens, puisque nous partons vers les étoiles… Interstellar est une pépite de cinéma grâce à ses acteurs et à son discours humaniste, mais aussi son souci du détail scientifique et sa richesse visuelle. En effet, Nolan ne s’est pas contenté de penser à quoi ressemblerait un trou noir ou un trou de ver, il a passé toute la production du film avec un véritable expert en la matière (noire) (héhé) : l’astrophysicien Kip Thorne. L’objectif était de créer le trou noir le plus réaliste possible, et grâce à son travail, Nolan a pu faire créer en images de synthèses des pans de l’espace hyper réalistes, sans précédent au cinéma ! En parlant d’effets visuels, le réalisateur souhaite vraiment, durant ses films, limiter les fonds verts et le surplus d’images retouchées par ordinateur. Ainsi, les combinaisons des acteurs ont été fabriquées, les robots (Case & Tars) ont réellement été construits, et lorsque les acteurs étaient dans le vaisseau, ce sont les images du film qu’ils voyaient à travers les hublots. Autant dire que Nolan fait tout pour immerger complètement son équipe lors du tournage ! Et les spectateurs, par la même occasion…

L'excellent jeu d'acteur d'Intersellar

Mind = Blown

Ce film retourne le cerveau, plus fort que Memento ou Inception, il touche directement à notre condition d’humain vivant sur Terre. A notre disparition, à nos liens, à nos ancres. La visite des planètes est une aventure pour les sens en général. Nolan nous emmène très loin, dans un futur incroyable. La fin est un chef-d’oeuvre d’inventivité, intense et immersive : on reste bouche bée. Ce qui est très intéressant, c’est que la production ne prend pas les spectateurs pour des neuneus. Il s’agit d’un film intelligent, fin, subtil, riche, vibrant, on reste scotché à son fauteuil ! Interstellar n’est pas une énième adaptation de bouquin, pas un prequel, c’est une pure oeuvre originale de passionnés. C’est grâce à des films comme ceux-là qu’on aime le cinéma, car il est là pour ça : nous faire voyager, réfléchir, nous faire pleurer ou sourire, nous étonner constamment. Ce long-métrage unique est dans la veine des films de science-fiction cultes qu’on ne se lasse pas de revoir : le 7ème art à son apogée. Une apogée interstellaire.

Bonus !

1/ Chistopher Nolan s’est allié avec Sean Gordon Murphy (Punk Rock Jesus) pour réaliser un mini-comics sur le passage du Dr Man sur sa planète. On retrouve toute la BD ici => http://www.wired.com/2014/11/absolute-zero/ et on pleure parce qu’il n’y a pas de suite.

2/ Lorsqu’on a mal à la tête avec des films aux histoires de : voyages dans le temps, temps distordu, etc. Le mieux c’est encore les infographies et les timelines pour se remettre les idées en place. N’hésitez pas à rechercher quelques infographies sur Reddit par exemple.

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